L’ACAT condamne le refoulement de Claude Mangin par les autorités marocaines | Sahara Press Service

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Paris, 07 fev 2017 (SPS) L’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) condamne le refoulement par les autorités marocaines de Claude Mangin, ressortissante française et épouse du défenseur des droits de l’homme et prisonnier politique sahraoui Naama Asfari, en prison depuis plus de six dans l’affaire du démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik.

Claude Mangin est arrivée à l’aéroport de Casablanca à 18 heures dimanche 5 février. Elle venait passer une semaine à Rabat pour rendre visite à son époux, emprisonné dans le cadre du procès de Gdeim Izik. La police aux frontières l’a gardée toute la nuit dans une pièce de l’aéroport pour finalement la contraindre à embarquer dans un avion pour Genève ce (lundi)  midi, indique un communiqué de l’ACAT.

Cela fait des années que Claude Mangin se rend au Maroc plusieurs fois par an pour visiter son mari emprisonné depuis 2010. Elle avait déjà été refoulée une première fois lors de sa précédente visite, le 19 octobre 2016. En avril 2016, c’est l’avocate française de Naama Asfari qui avait été expulsée du territoire marocain sans avoir le temps de voir son client.

Il s’agit manifestement de représailles contre Naama Asfari qui est actuellement rejugé par la Cour d’appel de Rabat, aux côtés de ses 23 coaccusés qui ont tous, comme lui, été condamnés sur la base d’aveux signés sous la torture. Leur nouveau procès a démarré le 23 janvier 2017. Il a été suspendu après trois jours d’audience entachés d’iniquité. Il reprendra le 13 mars prochain.

Le 12 décembre 2016, le Comité contre la torture a condamné le Maroc pour la torture de Naama Asfari, sa condamnation sur la base d’aveux forcés, l’absence d’enquête sur les allégations de torture. Dans sa décision, le Comité a demandé au Maroc de “s’abstenir de tout acte de pression, d’intimidation ou de représailles susceptibles de nuire à l’intégrité physique et morale du plaignant et de sa famille qui constituerait autrement une violation des obligations de l’État partie en vertu de la Convention [contre la torture] de coopérer de bonne foi avec le Comité pour l’application des dispositions de la Convention, et de permettre au plaignant de recevoir des visites de la famille en prison”.

“En refoulant une nouvelle fois Claude Mangin, le Maroc signifie clairement au Comité onusien qu’il n’a que faire de sa décision » estime Hélène Legeay, responsable Maghreb / Moyen-Orient à l’ACAT.

Pour Hélène Legeay , “Soit il s’agit de représailles désespérées contre Naama Asfari, soit Claude Mangin est considérée comme une menace pour la sécurité nationale marocaine, et on attend alors les éléments de preuve pour étayer une telle accusation”, a conclu le communiqué dont une copie est parvenue à SPS.

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