S’il y a une chose qui apparaît clairement en 2025, c’est que, malgré l’intensification des pressions politiques et diplomatiques, le cadre juridique du Sahara occidental demeure intact. Ni les soutiens bilatéraux obtenus par le Maroc ni la multiplication de déclarations conjointes n’ont réussi à modifier la nature du territoire en tant que question de décolonisation en suspens, telle que définie par les Nations unies.
Tout au long de l’année, une stratégie marocaine s’est consolidée, visant à présenter comme des avancées politiques ce qui relève en réalité de simples continuités administratives. Le renouvellement du mandat de la MINURSO, la répétition de formules ambiguës au Conseil de sécurité et l’usage intéressé du langage diplomatique ont servi à construire un récit de normalisation qui ne repose sur aucune base juridique solide.
La résolution 2797 du Conseil de sécurité a de nouveau illustré cette bataille autour du sens des mots. Le Maroc a tenté d’imposer une lecture orientée du texte, en le présentant comme un soutien implicite à son plan d’autonomie. Pourtant, la résolution n’introduit aucun changement substantiel et ne reconnaît aucune souveraineté marocaine sur le territoire. Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui demeure la limite juridique infranchissable.
Face à cette stratégie, le Front Polisario a maintenu en 2025 une position de fermeté politique et de cohérence juridique. Ses interventions auprès des Nations unies ont rappelé de manière constante qu’aucune solution n’est possible en dehors de l’exercice libre et authentique du droit à l’autodétermination. La réponse sahraouie a été continue, documentée et strictement conforme au cadre du droit international, face aux tentatives visant à le dénaturer.
L’année a également été marquée par une instrumentalisation croissante des forums internationaux, culturels et sportifs par le Maroc. Des événements à forte visibilité ont été utilisés comme outils de communication pour projeter une image de normalité et de stabilité, tandis que, dans les territoires occupés, la répression, les arrestations arbitraires et les violations des droits humains se poursuivent.
Parallèlement, la situation des droits humains au Sahara occidental occupé est restée l’un des grands silences de la communauté internationale. L’absence d’un mandat de surveillance des droits humains pour la MINURSO demeure une anomalie grave, que le Maroc a réussi à maintenir année après année avec le soutien tacite de certains États influents.
En 2025, l’Espagne a de nouveau occupé une position inconfortable dans ce contexte. En tant que puissance administrante de jure, sa responsabilité dans le processus de décolonisation reste pleinement en vigueur, malgré les tentatives de la diluer dans des cadres bilatéraux et des discours de réalisme politique. L’écart entre le droit international et la position adoptée par le gouvernement espagnol continue d’être l’un des aspects les plus problématiques du conflit.
Au niveau européen, les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne ont une nouvelle fois rappelé que le Sahara occidental est distinct et séparé du Maroc. Même si la Commission européenne a cherché à gagner du temps et de la marge politique, la légalité européenne a réaffirmé qu’aucun accord ne peut s’appliquer au territoire sans le consentement du peuple sahraoui.
Dans ce contexte, 2025 n’a pas été une année d’avancées vers une solution, mais bien une année de clarification. Il est apparu clairement que l’accumulation de soutiens politiques ne se substitue pas au droit et que les récits construits pour présenter le conflit comme clos se heurtent, encore et encore, à la réalité juridique.
Le Sahara occidental demeure une question de décolonisation non résolue, et non un conflit gelé ni une simple dispute régionale. Tant que ce principe fondamental ne sera pas respecté, toute tentative d’imposer des solutions partielles ou définitives restera politiquement fragile et juridiquement invalide.
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