Conflit sahraoui: le Comité de décolonisation de l’ONU doit «redoubler d’efforts» | Sahara Press Service

Conflit sahraoui: le Comité de décolonisation de l’ONU doit «redoubler d’efforts» | Sahara Press Service
 

New York (Nations unies), 15 juin 2021 (SPS) Le représentant du Front Polisario à l’ONU, Sidi Mohamed Omar, a appelé lundi le Comité spécial des 24 des Nations unies à «redoubler d’efforts» pour permettre au peuple du Sahara occidental d’exercer librement et démocratiquement son droit à l’autodétermination et à l’indépendance.

«Aujourd’hui, le peuple sahraoui, sous la direction du Front Polisario, dit haut et fort que ça suffit. Nous restons attachés à la paix, mais nous n’abandonnerons jamais notre droit inaliénable et non négociable à l’autodétermination et à l’indépendance», a dit M. Sidi Omar qui s’exprimait lors de la session de fond du Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.

«Etant donné la gravité de la situation actuelle au Sahara occidental, les efforts doivent être redoublés pour permettre au peuple sahraoui d’exercer librement et démocratiquement son droit à l’autodétermination et à l’indépendance», a souligné le diplomate devant les membres du Comité de décolonisation dit ‘Comité des vingt-quatre (C24)’.

«Ce n’est pas trop demander à un comité créé par les Nations unies pour superviser la mise en œuvre de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux», a-t-il poursuivi.

Lors de son intervention, le représentant du Front Polisario a critiqué une nouvelle fois l'»inaction» de la communauté internationale qui est, selon lui, à l’origine de la poursuite, en toute impunité, des agressions marocaines dans les territoires sahraouis occupés et des violations par l’occupant des résolutions de l’ONU et de toutes les règles du droit international et du droit international humanitaire.

«Votre session d’aujourd’hui a lieu à un moment où le Sahara occidental connaît de graves développements qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour la paix, la sécurité et la stabilité dans toute la région», a encore dit le diplomate sahraoui faisant référence au déclenchement de la guerre après l’agression lancée le 13 novembre dernier par les autorités de l’occupation marocaines à El-Guerguerat contre des civils sahraouis qui manifestaient pacifiquement.

Et c’est ainsi, a tenu à préciser également Sidi Omar, que «le peuple sahraoui n’a eu d’autre choix que d’exercer son droit légitime à la légitime défense».

«Aujourd’hui, presque trente ans après le déploiement de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) dans le territoire, il n’y a pas de référendum d’autodétermination et il n’y a pas de cessez-le-feu. Il n’y a que la guerre dont l’Etat occupant marocain est pleinement responsable», a-t-il par ailleurs regretté.

«Et la communauté internationale a choisi de fermer les yeux sur les violations marocaines des droits de l’Homme dont sont quotidiennement victimes les civils sahraouis au Sahara occidental et sur les tentatives de l’occupant d’imposer le fait accompli par la force dans le territoire occupé», a encore déploré Sidi Omar.

Pourtant, a-t-il rappelé, le peuple sahraoui «s’est engagé de manière constructive dans le processus de paix de l’ONU en faisant preuve de patience, de retenue extrême et de flexibilité, malgré les provocations et toutes les injustices qu’il continue d’endurer de la part des autorités de l’occupation marocaines».

Dans le même contexte, le représentant du Front Polisario à l’ONU a précisé que «la souveraineté sur le Sahara occidental n’est pas une marchandise à échanger sur le marché de Wall Street ou ailleurs. C’est le droit exclusif du peuple sahraoui qui utilisera tous les moyens légitimes pour défendre sa souveraineté».

«La nature juridique du Sahara occidental en tant que question de décolonisation à l’ordre du jour de ce Comité depuis 1963 est parfaitement claire, malgré les vaines tentatives de la puissance occupante et de ses apologistes de démontrer le contraire», a-t-il ajouté.

Le Comité des 24 examine à partir de ce lundi, dans le cadre de sa session de fond (14-25 juin courant) la situation au Sahara occidental. Les questions de Gibraltar et des Tokélaou et celles d’autres territoires non autonomes figurent également au menu de la session de fond annuelle du Comité.

Le Comité spécial des 24 a été crée en 1961 par l’Assemblée générale, dont il est l’organe subsidiaire chargé de la question de la décolonisation, conformément aux dispositions de la résolution 1654 (XVI) en date du 27 novembre 1961.(SPS)

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