Crise avec l’Espagne: Alger répond à la Commission européenne, déplore sa position – 24H Algérie

Crise avec l’Espagne: Alger répond à la Commission européenne, déplore sa position – 24H Algérie
 

L’Algérie a répondu, ce vendredi 10 juin, à la position exprimée par l’Union européenne (UE) à propos de la décision d’Alger de suspendre le Traité d’amitié et de coopération avec l’Espagne.

« La mission de l’Algérie auprès de l’Union Européenne déplore la précipitation avec laquelle la Commission Européenne a réagi sans consultation préalable, ni vérification aucune, auprès du gouvernement algérien, à la suspension par l’Algérie d’un Traité politique bilatéral avec un partenaire européen, en l’occurrence l’Espagne, sans s’assurer que cette mesure n’affecte ni directement, ni indirectement ses engagements contenus dans l’Accord d’Association Algérie-Union Européenne », souligne la Mission dans un communiqué, rendu public ce vendredi 10 juin.

Le même jour, Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE, et Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission en charge du Commerce, ont jugé la décision d’Alger de suspendre le Traité d’amitié avec l’Espagne « d’extrêmement préoccupante ».
« Nous évaluons les implications des actions algériennes », notamment l’instruction donnée aux institutions financières « d’arrêter les transactions entre les deux pays, qui semble être en violation de l’accord d’association UE-Algérie, en particulier dans le domaine du commerce et de l’investissement », ont-ils souligné. « Cela conduirait à un traitement discriminatoire d’un Etat membre de l’UE et nuirait à l’exercice des droits de l’Union au titre de l’accord », ont ajouté les deux responsables européens, après une réunion à Bruxelles avec José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères .

« L’Algérie continuera à honorer tous ses engagements » sur la livraison du gaz naturel

A ce propos, la Mission algérienne auprès de l’UE a répondu : « S’agissant de la prétendue mesure d’arrêt par le gouvernement des transactions courantes avec un partenaire européen, elle n’existe en fait que dans l’esprit de ceux qui la revendiquent et de ceux qui se sont empressés de la stigmatiser ».
Jeudi 9 juin, l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF) a publié une instruction signée par Rachid Belaid, délégué général, appelant toutes les banques à geler les « domiciliations bancaires » pour toutes les opérations de commerce extérieur avec l’Espagne. Cette instruction n’a pas été confirmée officiellement par les autorités.
La Mission algérienne auprès de l’UE est revenue aussi sur les questionnements à propos de la poursuite de livraison du gaz naturel à l’Espagne après la suspension du Traité d’amitié de 2002.

« En ce qui concerne les livraisons de gaz à l’Espagne, l’Algérie a déjà fait savoir par la voix la plus autorisée, celle de Monsieur le Président de la République, qu’elle continuera à honorer tous ses engagements pris dans ce contexte, à charge pour les entreprises commerciales concernées d’assumer l’ensemble de leurs engagements contractuels », est-il noté dans le communiqué.
Fin avril 2022, le président Abdelmadjid Tebboune a déclaré dans une interview que l’Algérie ne renoncerait jamais à ses engagements d’assurer la fourniture de gaz à l’Espagne « quelles que soient les circonstances ».  « Nous avons de très solides liens avec l’Etat espagnol mais le chef du gouvernement (Pedro Sanchez) a tout cassé », a soutenu le chef de l’Etat.

« L’Espagne ne doit pas renoncer à sa responsabilité historique »

Pedro Sanchez a déclaré le 18 mars 2022 que Madrid considérait le « plan d’autonomie » marocain comme « la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution » du conflit du Sahara Occidental. Un changement de position qui a suscité la colère de l’Algérie. Alger a rappelé son ambassadeur à Madrid le 19 mars et a demandé des explications à l’Espagne, « puissance administrante au Sahara Occidental ». « L’Espagne ne doit pas renoncer à sa responsabilité historique et doit réviser sa position », a déclaré le président Tebboune.

Mercredi 8 juin, l’Algérie a décidé de suspendre le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, signé avec l’Espagne en octobre 2022. « Les autorités espagnoles se sont engagées dans une campagne tendant à justifier la position qu’elles ont adoptée sur le Sahara Occidental en violation de leurs obligations juridique, morale et politique de puissance administrante du territoire qui pèsent sur le Royaume d’Espagne jusqu’à ce que la décolonisation du Sahara Occidental soit déclarée accomplie par les Nations Unies », a précisé La Présidence de la République dans une déclaration.
Et d’ajouter :« Ces mêmes autorités qui assument la responsabilité d’un revirement injustifiable de leur position depuis les annonces du 18 mars 2022 par lesquelles le gouvernement espagnol actuel a apporté son plein soutien à la formule illégale et illégitime de l’autonomie interne préconisée par la puissance occupante, s’emploient à promouvoir un fait accompli colonial en usant d’arguments fallacieux », a ajouté la déclaration.

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