Le Maroc se plie aux exigences du Pakistan et doit accepter sa position sur le Sahara occidental

Le Maroc se plie aux exigences du Pakistan et doit accepter sa position sur le Sahara occidental

Lecture commentée de l’article “Un intense ballet diplomatique attendu entre Rabat et Islamabad” – Africa Intelligence, 10 novembre 2025

Publié par Africa Intelligence le 10 novembre 2025, l’article de Jihâd Gillon (Un intense ballet diplomatique attendu entre Rabat et Islamabad) révèle une série d’échanges diplomatiques et militaires entre le Maroc et le Pakistan au moment même où le Conseil de sécurité votait la résolution 2797 sur le Sahara Occidental.
Le texte souligne une coïncidence significative : la lettre adressée par Nasser Bourita à son homologue pakistanais, Mohammad Ishaq Dar, datée du 30 octobre, veille du vote onusien, officialise un rapprochement qui dépasse la simple coopération bilatérale.

« C’est dans une lettre adressée, le 30 octobre, à son homologue pakistanais, Mohammad Ishaq Dar, que Nasser Bourita a confirmé son déplacement dans les prochaines semaines à Islamabad. »

Selon Africa Intelligence, cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de Rabat visant à consolider de nouveaux partenariats militaires avec les pays musulmans, notamment avec le Pakistan, seul État islamique doté de l’arme nucléaire. Plusieurs visites croisées sont annoncées : celle du général pakistanais Asim Munir à Rabat, suivie du voyage du ministre marocain à Islamabad. Les Forces armées royales marocaines participent déjà à des formations au Pakistan et acquièrent du matériel militaire produit par son industrie de défense.

« Le Pakistan devient ainsi un partenaire militaire de plus en plus important pour le royaume chérifien. »

Mais au-delà du volet militaire, l’article éclaire une négociation politique implicite liée au vote du Pakistan sur la résolution 2797. Islamabad s’est abstenue lors du scrutin du 31 octobre — une abstention interprétée comme un compromis : le Pakistan ne reconnaît pas la RASD, mais son propre différend avec l’Inde au Cachemire l’empêche de soutenir une résolution qui, en écartant le référendum sahraoui, contredirait ses propres revendications de consultation populaire.

« Le Pakistan a décidé de s’abstenir pour ne pas s’opposer à ce qu’il réclame lui-même afin de mettre fin à son conflit avec l’Inde au Cachemire. »

Cette position révèle une tension de fond : en cherchant à obtenir le soutien pakistanais, Rabat doit désormais composer avec un partenaire qui défend, au moins en théorie, le principe du référendum — un principe que le Maroc s’emploie précisément à effacer du dossier sahraoui. L’expression employée par Desde el Atlántico selon laquelle « Marruecos se pliega a las exigencias de Pakistán » traduit bien cette contradiction : dans sa diplomatie d’expansion, le royaume chérifien risque de devoir admettre, même indirectement, la validité du droit à l’autodétermination qu’il nie au peuple sahraoui.

En somme, l’article d’Africa Intelligence met en lumière un rapprochement stratégique à double tranchant. En quête de nouveaux alliés dans le monde musulman, le Maroc s’expose à un paradoxe politique : multiplier les soutiens formels tout en ouvrant des brèches juridiques et diplomatiques dans sa propre position sur le Sahara Occidental.

SOURCE: “Un intense ballet diplomatique attendu entre Rabat et Islamabad” – Africa Intelligence, 10 novembre 2025


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