Le « plan d’autonomie » marocain : une fiction politique au service de l’occupation

Le « plan d’autonomie » marocain : une fiction politique au service de l’occupation

Plateforme «NO TE OLVIDES DEL SAHARA OCCIDENTAL»

Le prétendu « plan d’autonomie » pour le Sahara occidental a cessé depuis longtemps d’être une proposition politique crédible. Il est devenu une fiction utile : utile pour le Maroc, qui l’agite comme alibi diplomatique ; utile pour certaines puissances, qui s’en servent pour justifier l’abandon progressif du droit international ; totalement inutile, en revanche, pour le peuple sahraoui, auquel est toujours refusé le seul droit reconnu par les Nations unies : celui de décider librement de son avenir.

Cette imposture a été encore davantage mise en lumière après la promesse formelle faite par les autorités marocaines de présenter, « dans un bref délai », un texte détaillé et définitif du plan d’autonomie. Cet engagement, annoncé à l’issue de réunions de haut niveau et présenté comme un signe de « volonté politique », n’a jamais été tenu. Les semaines puis les mois ont passé, et le document reste inexistant. Il ne s’agit ni d’un retard technique ni d’une difficulté administrative, mais de la preuve que Rabat est incapable de transformer un slogan diplomatique en projet politique réel.

Depuis sa présentation en 2007, le plan d’autonomie est resté volontairement flou. Aucun cadre juridique spécifique n’a été élaboré, aucune compétence législative ou exécutive n’a été définie, aucune garantie institutionnelle n’a été prévue, et aucun contrôle effectif des ressources naturelles n’est reconnu aux Sahraouis. La récente promesse de le détailler n’était pas une avancée, mais une manœuvre dilatoire de plus. Dès lors que l’on exige de la précision, le plan se dérobe, car le détailler impliquerait de reconnaître des limites au pouvoir du Makhzen.

L’exigence d’une « autonomie véritable », régulièrement reprise dans le langage du Conseil de sécurité, place le Maroc face à sa propre contradiction. Une autonomie réelle suppose un transfert effectif de pouvoir, une légitimité politique locale et une capacité de décision économique. Elle implique surtout une rupture avec la gestion coloniale du territoire. C’est précisément ce que Rabat refuse. La promesse de présenter le texte était donc, dès l’origine, condamnée à rester sans suite.

Les raisons de ce blocage sont internes et structurelles. Toute concession réelle au Sahara occidental ouvrirait immédiatement un précédent pour d’autres régions marginalisées et réprimées, à commencer par le Rif. Le régime marocain ne gouverne pas par le partage du pouvoir, mais par sa concentration. Le « plan d’autonomie » ne peut donc exister que comme formule ambiguë, jamais comme réalité politique.

La prétendue « régionalisation avancée » inscrite dans la Constitution de 2011 confirme cette logique. Présentée comme une réforme majeure, elle n’a été qu’un habillage institutionnel destiné à rassurer les partenaires internationaux. Aucune région ne contrôle de ressources stratégiques, aucune ne dispose d’une souveraineté fiscale, aucune ne peut légiférer de manière autonome. Dans les territoires sahraouis occupés, cette réalité est encore plus brutale : administration verticale, omniprésence sécuritaire et économie extractive tournée vers le pillage.

À cette faillite politique interne s’ajoute une dérive internationale de plus en plus inquiétante. Les États-Unis ont choisi d’affaiblir délibérément le cadre multilatéral du conflit, en marginalisant les Nations unies et en vidant progressivement la MINURSO de sa substance. Le référendum d’autodétermination, cœur du mandat onusien depuis plus de trente ans, a été écarté non par impossibilité juridique, mais par calcul politique.

La résolution 2797 illustre ce basculement : le droit international est remplacé par un rapport de force, et la décolonisation par la gestion diplomatique d’une occupation. Dans ce contexte, la promesse marocaine de présenter un plan détaillé a servi de rideau de fumée, permettant de gagner du temps et de consolider le fait accompli, sans jamais engager un véritable processus politique.

Il faut nommer les choses sans détour. Le « plan d’autonomie » n’est pas une alternative au référendum, mais un instrument destiné à l’enterrer sans en assumer publiquement le refus. Son flou n’est pas une faiblesse, mais sa fonction même. Tant qu’aucun texte n’existe, il peut être invoqué sans être évalué, contesté ou soumis au moindre contrôle juridique.

La promesse de présenter « dans un bref délai » un texte détaillé du plan d’autonomie n’était pas un geste d’ouverture, mais un acte de tromperie délibérée. Elle a servi à gagner du temps, à désamorcer les pressions diplomatiques et à entretenir l’illusion d’un processus politique qui, en réalité, n’existe pas. Aujourd’hui, l’absence persistante de ce document confirme ce qui était évident depuis le début : le Maroc n’a pas de plan, parce qu’il ne peut en avoir sans remettre en cause son propre système de domination. Cette fuite en avant permanente ne révèle pas seulement l’imposture de la puissance occupante, elle engage aussi la responsabilité de ceux qui, par leur silence ou leur complaisance, ont accepté de remplacer le droit international par des promesses creuses. Tant que cette mascarade se poursuivra, le Sahara occidental restera un territoire occupé et le conflit, une plaie ouverte qu’aucune manœuvre dilatoire ne pourra refermer.


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