Madrid abandonne le Sahara occidental | L’Humanité

Madrid abandonne le Sahara occidental | L’Humanité

À rebours des positions de son pays, le premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez a décidé de s’aligner scrupuleusement sur la doxa du monarque marocain. Un revirement brutal qui, tout en piétinant les droits du peuple sahraoui, fragilise la coalition de gauche au pouvoir.

 

Le Maroc avait déterré la hache de guerre au printemps 2021 après l’accueil en Espagne, pour des « raisons humanitaires », de Brahim Ghali, le chef du Front Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), gravement malade du Covid-19. Le 7 avril dernier, reçu par le souverain marocain Mohammed VI dans son palais de Rabat, le premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, a brandi le calumet de la paix. Au cours de cette visite officielle organisée pour marquer la fin d’une crise diplomatique majeure et relancer les relations bilatérales entre les deux pays, le monarque a offert de partager l’iftar, le repas célébrant la rupture du jeûne lors du ramadan, « en l’honneur de son illustre hôte ». Un geste salué par José Manuel Albares, le ministre espagnol des Affaires étrangères, comme un « signe d’amitié fort ». Lors de son déplacement en grande pompe, Pedro Sanchez offre à la puissance invitante ce qu’elle attend : « Cette nouvelle étape contribuera de manière concrète à garantir les intérêts, la stabilité et l’intégrité de nos pays. »

Pedro Sanchez fait fi de la neutralité historique

Dans un message envoyé le 18 mars, Madrid a renié sa doctrine officielle, constante pendant des décennies, en s’alignant purement et simplement sur la position de Rabat. Depuis les années 1970, l’Espagne tenait une ligne de « neutralité » sur le sort du Sahara occidental, territoire considéré comme « non autonome » par l’Organisation des Nations unies (ONU) dont la population peut ainsi prétendre au droit à l’autodétermination. Mais dans sa lettre à Mohammed VI, Pedro Sanchez a présenté le plan marocain d’« autonomie » comme « la base la plus sérieuse, crédible et réaliste pour la résolution du contentieux sahraoui ». Un plan largement fallacieux puisqu’il maintient sous le joug marocain l’essentiel des étendues désertiques mais aux sous-sols extrêmement riches en phosphate, notamment.

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