Sahara occidental : grève de la faim, violences et isolement dans les prisons marocaines

Par Victoria G. Corera – Plateforme « NO TE OLVIDES DEL SAHARA OCCIDENTAL »

La situation des prisonniers politiques sahraouis continue de se dégrader dans les prisons marocaines, où plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent des violations systématiques visant en particulier les étudiants détenus.

Selon ces organisations, plusieurs prisonniers sahraouis, dont les étudiants Salah Eddine Essabar et Ibrahim Babit, détenus à la prison locale d’Ait Melloul 1 à Agadir, ont entamé une grève de la faim à durée indéterminée depuis le 31 mars pour protester contre des conditions de détention qualifiées d’inhumaines et dégradantes. Parmi les abus dénoncés figurent l’absence d’accès aux soins médicaux, l’isolement prolongé et la détention dans des cellules surpeuplées aux côtés de détenus de droit commun.

Au-delà de ces cas, les organisations sahraouies pointent une politique plus large de privation des droits fondamentaux, notamment le droit à la santé, au suivi médical et à la poursuite des études. Le Collectif des défenseurs sahraouis des droits humains (CODESA) a appelé à une intervention urgente de la communauté internationale pour protéger les prisonniers et mettre fin à ces pratiques.

Dans un autre cas révélateur, des sources de défense des droits humains dénoncent une agression orchestrée contre le prisonnier politique sahraoui Sidi Abdullah Ahmed Sidi Abah, membre du groupe de Gdeim Izik, détenu à la prison de Tiflet 2. Selon ces informations, l’administration pénitentiaire aurait incité un détenu étranger à l’attaquer afin de justifier des mesures disciplinaires à son encontre.

Le prisonnier aurait ensuite été sanctionné sur la base d’accusations contestées, dans un contexte marqué par un isolement prolongé de plus de huit ans, accompagné de la privation de soins médicaux et d’autres droits fondamentaux. Cette situation soulève de graves préoccupations quant à son intégrité physique et psychologique.

Ces témoignages s’inscrivent dans un cadre plus large dénoncé par plusieurs organisations sahraouies, qui évoquent des pratiques systématiques et une absence de mécanismes internationaux de surveillance efficaces dans les territoires occupés du Sahara occidental.

Dans ce contexte, le silence de la communauté internationale est régulièrement dénoncé comme un facteur aggravant, contribuant à la poursuite de ces violations et à l’absence de responsabilité.