Résolution sur le Sahara occidental : les prédictions pessimistes de Christopher Ross — TSA

Résolution sur le Sahara occidental : les prédictions pessimistes de Christopher Ross — TSA
 

• Christopher Ross critique la dernière résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental : il l’a considère comme un recul pour le règlement du conflit sahraoui.

• La résolution ne prévoit pas de référendum ni de garanties concrètes, laissant les négociations à la discrétion des parties.

 • L’ancien envoyé spécial juge « utopique » une réconciliation algéro-marocaine dans l’immédiat. 


À ceux qui tentent de présenter la dernière résolution du conseil de sécurité sur le Sahara occidental comme une grande avancée vers le règlement du conflit, Christopher Ross, l’ancien envoyé personnel du SG de l’ONU, oppose un avis contraire. Pour lui il s’agit d’un recul.

Le diplomate américain Christopher Ross fut l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental entre 2009 et 2017. Devant les multiples entraves marocaines pour sa mission, il a fini par jeter l’éponge. Il a été aussi ambassadeur des États-Unis en Algérie dans les années 1980.

À la retraite depuis plusieurs années, le diplomate de 82 ans s’est exprimé publiquement après l’adoption, vendredi 31 octobre par le Conseil de sécurité, d’une résolution faisant référence pour la première fois à « l’autonomie sous souveraineté marocaine ».

La résolution est un « recul »

Dans une contribution publiée sur le site de l’International center for dialogue initiatives, Ross a expliqué pourquoi la résolution est un « recul », contrairement à ce qu’avancent ses partisans, Américains et Marocains en tête. 

Le diplomate rappelle d’emblée que toutes les résolutions prises depuis 2007, année de la présentation du plan marocain, ont exhorté le SG et son envoyé personnel à « aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui garantit  l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». 

La dernière résolution, elle, a seulement appelé à « des négociations de bonne foi et sans conditions préalables », mais n’a « fourni aucune précision concrète », laissant ces aspects à la discrétion des parties.

Aussi, elle n’a pas pris en compte la proposition du front Polisario d’un référendum incluant l’indépendance comme option et le maintien de relations étroites avec le Maroc en cas d’indépendance. 

Dans son analyse, Ross estime que l’Algérie et le front Polisario participeront « vraisemblablement » aux négociations à venir, surtout, écrit-il, « si le Maroc renonce à faire de l’Algérie son unique interlocuteur sur ce dossier et si les États-Unis accueillent les pourparlers ». « Quoi qu’il en soit, les positions des parties demeureront inflexibles », juge-t-il.

« Le Conseil de sécurité ne peut rien imposer »

Que peuvent faire les membres du Conseil et d’autres acteurs pour sortir de cette impasse « alors que le Maroc cherche à limiter les discussions à sa proposition d’autonomie » ?

« Pas grand-chose » et « la paralysie de ce dossier perdurera », répond Christopher Ross. Les efforts que pourraient fournir les États-Unis « resteront vains » et les « pressions sélectives exercées en faveur du Maroc, comme le tente cette résolution, seront contre-productives. Elles ne feront qu’accentuer les positions des parties ».

D’autant que les Sahraouis ne sont pas prêts à devenir les sujets de Mohamed VI.  « Aussi dure que soit la vie ici, dans un camp du désert, c’est toujours mieux que de baiser la main du roi », a dit un jour un étudiant sahraoui à Christopher Ross. 

« À moins qu’un accord ne soit conclu avec l’Algérie, cela est fort improbable », que le conseil de sécurité impose quoi que ce soit. « L’Algérie n’est pas réputée pour céder aux pressions ni pour pratiquer une diplomatie transactionnelle », écrit l’ancien envoyé personnel. 

Celui-ci suggère d’ « impliquer les jeunes générations des trois populations concernées – celles du Sahara occidental, du Maroc et de l’Algérie – afin de bâtir des ponts vers une meilleure compréhension et un respect mutuels à long terme » mais juge que la prédiction de Steve Witkoff, selon laquelle l’Algérie et le Maroc normaliseraient leurs relations en soixante jours, relève de « l’utopie ».

 « Cet objectif doit être poursuivi avec tact et patience ». Il propose aussi d’encourager les parties à réfléchir dès maintenant à la manière dont « les deux moitiés de la population du Sahara occidental, vivant dans les camps et sur le territoire, pourront participer à la définition de leur avenir ». 

Il convient également de réfléchir aux garanties internationales qui pourraient être mises en place pour tout accord éventuel. « À court terme, peu de mesures supplémentaires peuvent être prises », conclut Christopher Ross. 

Origen: Résolution sur le Sahara occidental : les prédictions pessimistes de Christopher Ross — TSA


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