Sahara occidental : 50 ans de décolonisation inachevée face à un Maghreb en recomposition

Sahara occidental : 50 ans de décolonisation inachevée face à un Maghreb en recomposition

Carlos Cristóbal – NO TE OLVIDES DEL SAHARA OCCIDENTAL

Le 27 février 1976, la proclamation de la République sahraouie fut la réponse à une décolonisation interrompue par la force. Cinquante ans plus tard, le statut juridique du Sahara occidental n’a pas changé : il demeure inscrit par les Nations unies comme territoire non autonome en attente d’autodétermination. L’avis de la Cour internationale de Justice de 1975 reste valable. Aucune souveraineté marocaine n’a été reconnue par le Conseil de sécurité. La MINURSO existe toujours pour organiser un référendum qui n’a jamais eu lieu.

Sur le plan juridique, le cadre tient. Sur le plan politique, il s’érode.

Depuis 2020, et la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sous l’administration Trump, une inflexion stratégique s’est installée. Le Sahara occidental a cessé d’être perçu uniquement comme une question de décolonisation pour devenir un élément d’équilibre régional : sécurité, contrôle migratoire, coopération militaire, énergie et routes commerciales.

Dans un Maghreb déjà fragmenté — rupture entre l’Algérie et le Maroc, militarisation croissante, rivalités d’influence — le conflit sahraoui n’est plus périphérique. Il est devenu un facteur structurant. Il conditionne les alliances, pèse sur les projets énergétiques transméditerranéens et influence les équilibres sahéliens.

Le risque n’est pas seulement l’immobilisme diplomatique. Le risque est la normalisation progressive du fait accompli.

Si l’ordre international fondé sur des règles cède face à une logique transactionnelle — stabilité contre silence, coopération stratégique contre relativisation du droit — le Sahara occidental devient un précédent dangereux. Car sa défense repose précisément sur des principes universels : autodétermination, interdiction de l’acquisition de territoire par la force, primauté du droit sur le rapport de puissance.

Pour le Maghreb, l’enjeu dépasse le seul territoire sahraoui. Une solution imposée ou vidée de son contenu juridique ne stabiliserait pas la région ; elle institutionnaliserait une fracture durable. À l’inverse, une solution fondée sur la légalité internationale pourrait devenir un point d’équilibre, non un facteur de polarisation.

Cinquante ans après 1976, la question n’est donc pas seulement celle du référendum bloqué. Elle est plus profonde : le droit international reste-t-il une norme structurante ou devient-il une variable ajustable selon les intérêts stratégiques ?

Le Sahara occidental est aujourd’hui un révélateur. Révélateur de l’état du multilatéralisme. Révélateur de la cohérence européenne. Révélateur de la capacité du Maghreb à dépasser la logique d’affrontement.

Ce qui se joue n’est pas uniquement l’avenir d’un peuple en attente d’autodétermination. C’est la nature des règles qui encadreront les équilibres régionaux des prochaines décennies.

Carlos Cristóbal
NO TE OLVIDES DEL SÁHARA OCCIDENTAL


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