Le 4 avril, Journée internationale de sensibilisation au danger des mines remet en lumière une réalité largement ignorée au Sahara occidental : la présence massive de mines antipersonnel et de restes de guerre qui continuent de menacer la vie de milliers de Sahraouis des décennies après le début du conflit.

Dans le cas sahraoui, il ne s’agit pas d’un problème du passé. Le territoire reste l’une des zones les plus contaminées au monde, avec des millions de mines et d’engins explosifs disséminés, notamment le long du « mur de la honte », la barrière militaire qui divise le territoire et constitue l’un des champs de mines continus les plus longs au monde.
Ce mur ne sépare pas seulement des territoires : il fragmente des familles, des routes et des modes de vie. Dans ces zones, le danger est permanent. Sous le sable, des mines peuvent rester actives pendant des décennies, transformant de vastes espaces en zones mortelles.
Les chiffres sont éloquents. Plus de 6 000 victimes — morts, blessés et personnes handicapées — ont été recensées au Sahara occidental. Mais au-delà des chiffres, chaque victime représente une famille marquée, une communauté affectée et une peur constante qui conditionne la vie quotidienne.
La reprise du conflit en 2020 a aggravé la situation. Selon des responsables sahraouis, plus de dix ans d’efforts de déminage ont été compromis par de nouvelles actions militaires et l’utilisation d’armements, notamment des drones, qui ont accru la contamination du territoire.
Le travail de déminage, coordonné notamment par SMACO, ne se limite pas à l’élimination des mines. Il inclut la sensibilisation des populations, l’assistance aux victimes et la formation d’équipes locales. Mais les défis restent considérables : manque de moyens, accès limité à certaines zones et risques constants dans un contexte de conflit actif.
Parallèlement, les organisations sahraouies appellent la communauté internationale à exercer des pressions pour que le Maroc adhère aux conventions internationales, notamment celles d’Ottawa et d’Oslo, visant à interdire les mines antipersonnel et les armes à sous-munitions.
Au-delà des données, les mines constituent aussi un instrument de contrôle du territoire. Elles empêchent les déplacements, bloquent les retours et prolongent les conséquences de la guerre bien après les combats.
Alors que la communauté internationale appelle chaque année à l’élimination de ces armes, le Sahara occidental reste un exemple frappant d’un objectif encore loin d’être atteint. Et dans ce silence, le danger continue. Invisible. Sous les pieds.