Il y a des jours où aucun télégramme ne tombe, où aucune réunion diplomatique n’est annoncée et où aucune déclaration tonitruante n’est faite au sujet du Sahara occidental. Des jours où l’actualité semble s’être arrêtée et où le silence s’impose dans l’agenda médiatique. Pourtant, cette absence de nouvelles ne signifie en rien une pause dans la réalité. L’occupation ne s’interrompt pas faute de titres ; elle se poursuit, intacte, comme faisant partie d’une normalité imposée.
Le problème du Sahara occidental ne réside pas seulement dans l’absence de solutions, mais aussi dans la gestion prolongée du silence. Pendant des années, l’absence de progrès est devenue une routine, et le manque de nouveautés a fini par être interprété comme une forme de stabilité. C’est l’un des mécanismes les plus efficaces pour consolider un statu quo injuste : faire croire que, s’il ne se passe rien de « nouveau », alors rien d’important ne se passe. Or, dans les territoires occupés, le quotidien reste marqué par la répression, les violations des droits et la négation systématique de la voix sahraouie.
La communauté internationale, à commencer par l’ONU, n’ignore pas cette réalité. Le Sahara occidental figure toujours parmi les territoires en attente de décolonisation et sa situation juridique n’a pas été réglée. Pourtant, l’écart entre cette reconnaissance formelle et la volonté politique d’agir n’a cessé de se creuser avec le temps. Le silence n’est pas de l’ignorance : c’est une manière d’administrer le problème.
Les médias jouent eux aussi un rôle déterminant dans ce processus. La logique de l’actualité immédiate pénalise les conflits de longue durée, en particulier ceux qui ne fournissent ni images spectaculaires ni rebondissements dramatiques. Le Sahara occidental se retrouve ainsi relégué à des moments ponctuels, tandis que, le reste du temps, il disparaît du récit médiatique. Cette intermittence contribue à faire percevoir l’occupation comme un fait accompli, et non comme une situation anormale qui continue de violer le droit international.
Lorsqu’il n’y a pas de nouvelles, le risque est d’accepter implicitement que la situation s’est normalisée. Mais la normalisation d’une occupation ne la rend pas légitime. Le temps qui passe ne remplace pas le droit, et la lassitude médiatique n’annule pas les obligations en suspens. Chaque jour sans titres est, en réalité, un jour de plus sans autodétermination, sans protection effective et sans solution juste.
Continuer à écrire sur le Sahara occidental dans les jours de silence n’est ni une insistance gratuite ni une routine militante. C’est une manière de rappeler que l’absence d’actualité n’équivaut pas à une absence de responsabilité. Tant qu’il n’y aura pas de réponse conforme au droit international, le silence ne sera pas neutre. Il sera, tout simplement, une autre face de l’occupation.
Carlos C. García – Plateforme NO TE OLVIDES DEL SAHARA OCCIDENTAL
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