50 ans après la proclamation de la RASD, la question sahraouie demeure un test de cohérence pour l’Afrique et pour l’ordre international. Le droit est établi. L’enjeu est son application.
Cinquante ans après sa proclamation, la question sahraouie ne constitue pas seulement un dossier de droit international. Elle s’inscrit dans l’histoire inachevée des processus de décolonisation en Afrique. Le 27 février 2026 n’est pas uniquement une date commémorative ; il invite à une réflexion sur la cohérence des principes africains et internationaux face aux réalités politiques.
La proclamation de la République arabe sahraouie démocratique, le 27 février 1976, s’inscrivait dans la continuité des mouvements de libération africains. Elle visait à préserver l’existence juridique et politique du peuple sahraoui à un moment de rupture coloniale, alors que le retrait espagnol laissait place à une occupation de facto. Dans cette perspective, la question sahraouie ne peut être dissociée de l’histoire plus large des indépendances africaines.
Une base juridique constante
Depuis 1963, le Sahara Occidental figure sur la liste des Territoires non autonomes des Nations unies. L’Avis consultatif rendu en 1975 par la Cour internationale de Justice a écarté toute souveraineté préexistante susceptible d’empêcher l’exercice du droit à l’autodétermination.
Ce cadre demeure juridiquement inchangé.
L’admission de la RASD au sein de l’Union africaine en 1982 a intégré la question sahraouie dans l’architecture institutionnelle africaine. Les principes de respect des frontières héritées de la colonisation et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, consacrés par l’Union, trouvent dans le Sahara Occidental un champ d’application direct.
Ainsi, la question sahraouie relève à la fois du droit international et des engagements normatifs africains.
Une impasse politique durable
Ce qui a évolué en cinquante ans, ce sont les équilibres politiques.
Le cessez-le-feu de 1991 et la création de la MINURSO devaient conduire à un référendum d’autodétermination. Plus de trente ans plus tard, ce référendum n’a pas été organisé. Cette situation ne procède pas d’une ambiguïté juridique, mais d’un blocage politique persistant.
La reconnaissance en 2020 par Donald Trump de la prétendue souveraineté marocaine a illustré la tension entre normativité juridique et considérations stratégiques. Si cette décision n’a pas modifié le statut international du territoire, elle a rappelé combien l’équilibre entre principes et intérêts peut être fragile.
Dans ce contexte, la constance de la position africaine — qui maintient la RASD comme État membre et considère le Sahara Occidental comme un dossier de décolonisation — constitue un élément de stabilité normative.
Ressources, souveraineté et développement
Le Sahara Occidental se situe aujourd’hui dans un environnement géopolitique marqué par la valorisation des ressources naturelles et les transitions énergétiques. Phosphates, ressources halieutiques, minerais critiques : ces enjeux renforcent l’importance d’un cadre juridique clair et respecté.
Pour l’Afrique, engagée dans l’Agenda 2063 et dans une affirmation accrue de sa souveraineté économique, la cohérence entre principes juridiques et pratiques politiques demeure essentielle. Le respect du consentement des peuples concernés constitue un élément central de cette cohérence.
Un anniversaire de clarification
Cinquante ans après 1976, la République sahraouie incarne moins une controverse qu’une interrogation sur l’effectivité des normes. Le droit applicable est connu. Les principes sont établis. La question demeure celle de leur mise en œuvre.
Le 27 février 2026 offre l’occasion de rappeler que la décolonisation, en Afrique comme ailleurs, ne relève pas seulement de la mémoire historique, mais d’une responsabilité politique actuelle.
La cohérence africaine et la crédibilité internationale reposent sur la capacité à faire correspondre les engagements juridiques aux réalités concrètes.
Victoria G. Corera
Plateforme « N’OUBLIEZ PAS LE SAHARA OCCIDENTAL »
📌 Série spéciale : 50 ans de la RASD
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