Accord de pêche Maroc – UE : «Bruxelles n’œuvre pas pour la paix et la stabilité au Sahara occidental» | elmoudjahid

Accord de pêche Maroc – UE : «Bruxelles n’œuvre pas pour la paix et la stabilité au Sahara occidental» | elmoudjahid

Un statut «distinct» et «séparé» du Maroc

L’Union européenne (UE) n’œuvre pas pour la paix et la sécurité au Sahara occidental, a accusé lundi le représentant-adjoint du Front Polisario pour la Suisse et l’ONU, qui a expliqué que dans son accord de pêche illégale avec le Maroc, l’UE «va au-delà» des accords militaires établis entre le Front et le royaume sous les auspices des Nations unies. «Ignorant ce qui est établi dans les accords militaires parrainés par l’ONU, l’UE inclue illégalement toute la péninsule de Lagouira (Cabo Blanco), dans le cadre de l’accord de pêche avec le Maroc», a souligné dans une contribution publiée dans plusieurs médias, Haddamin Moulud Said, représentant-adjoint du Front Polisario pour la Suisse et l’ONU (Genève). Ainsi, «l’UE est loin de travailler pour la paix et la sécurité, mais plutôt encourage la guerre», a-t-il estimé. Pour le diplomate, «le penchant à peine voilé de l’UE pour les thèses marocaines» dans le conflit au Sahara occidental, a favorisé «l’imprécision» de quelque chose de «si essentiel» dans tout accord, à savoir, les limites géographiques de la zone qui fait l’objet de l’accord. Dans tous les accords de pêche antérieurs à 2018 entre l’UE et le Maroc, la limite sud de la zone de pêche «n’avait jamais été fixée», a-t-il affirmé, précisant qu’elle a été toujours divisée en deux, «zone nord et zone sud». Cette division est «un héritage» des accords de pêche entre l’Espagne et le Maroc, a-t-il ajouté.À partir de 1979, explique le diplomate sahraoui, l’Espagne «avait jugé nécessaire» d’introduire dans son accord de pêche avec le Maroc certaines spécifications «afin de ne pas reconnaître la souveraineté du Maroc au-delà du parallèle 27 40, la frontière entre le Sahara occidental et Maroc». Il a affirmé encore, que «cette division a été faite sans jamais fixer les limites sud de la zone sud, ce qui a, bien sûr, laissé la possibilité de pêcher dans les eaux du Sahara occidental, sans le mentionner».

A ce propos, M. Mouloud Said a relevé que «si le point de départ de ladite zone sud était déterminé pour chaque type de pêche dans l’accord Maroc/UE, celui-ci ne précise pas où la zone se termine».

Un statut «distinct»  et «séparé» du Maroc

Le diplomate sahraoui a expliqué à ce titre, que cette imprécision est l’interprétation technique sur la base de laquelle l’UE avait décidé d’inclure illégalement les eaux du Sahara occidental dans les accords conclus avec le Maroc, sans citer le nom du territoire. À contrario, ceci est le motif donné par la Cour de justice de l’UE (CJUE) qui a tranché, le 21 décembre 2016, sur le fait que le territoire sahraoui a un statut «distinct» et «séparé» du Maroc, d’où l’impératif du consentement du peuple du Sahara occidental dans tout projet d’accord entre l’UE et Rabat. L’accord de pêche, toujours en attente d’approbation par le Parlement européen, mais déjà adopté par la décision 2018/2068 du Conseil de l’UE, de l’accord de pêche durable entre l’Union et le Maroc, (…) «constitue une violation de l’accord militaire n°1», signé entre le Front Polisario et le Maroc sous les auspices des Nations unies, a-t-il déclaré, indiquant en d’autres termes, «l’UE a inclus les eaux adjacentes à 74 kilomètres du littoral, la soi-disant péninsule de Cabo Blanco qui échappe au contrôle du Maroc. Nous insistons, le Maroc n’exerce son contrôle sur les eaux sahraouies que jusqu’au parallèle 21 22’17».

Toutefois, «l’UE est allée plus loin de ce que définissent les accords militaires établis sous les auspices de l’ONU, qui accordent le contrôle de la zone au Front Polisario. Autrement dit, les côtes extérieures de la péninsule de Cabo Blanco sont sous le contrôle du Front Polisario, selon la division établie dans l’Accord militaire n°1 parrainé par l’ONU».

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