Tout au long de l’année 2025, le Maroc a approfondi une stratégie déjà bien connue : consolider l’occupation du Sahara occidental par l’exploitation économique du territoire et l’implication d’acteurs extérieurs. Sous le discours du « développement », Rabat a mis en avant des projets d’infrastructures, d’énergies renouvelables, d’agriculture intensive et de plateformes logistiques comme preuves d’une prétendue normalisation. Pourtant, loin de résoudre le conflit, Bilan 2025 | Sahara occidental : l’occupation économique et le pillage comme stratégie politique (7).
L’année a été marquée par une confrontation de plus en plus visible entre cette stratégie économique et le cadre juridique international. Les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne, qui réaffirment la nécessité du consentement du peuple sahraoui pour toute activité économique sur le territoire, ont continué d’être ignorés dans la pratique. Ils ont néanmoins renforcé la position sahraouie et mis en lumière la fragilité juridique des accords commerciaux et des investissements incluant les ressources du Sahara occidental. En 2025, l’occupation a montré qu’elle peut imposer des faits sur le terrain, mais qu’elle ne peut pas les transformer en légalité.
La soi-disant « économie de l’occupation » a également revêtu une dimension géopolitique manifeste. De grands projets — ports, corridors énergétiques, investissements dits verts — ont été utilisés pour attirer des soutiens politiques et des silences complices, notamment en Europe ainsi que dans certains pays africains et du Golfe. Le Sahara occidental est ainsi devenu une pièce intégrée à des stratégies plus larges de contrôle des routes commerciales, de l’énergie et des ressources naturelles, dans lesquelles le peuple sahraoui est délibérément exclu en tant que sujet de droit.
Face à ce contexte, 2025 a aussi été une année de plus grande visibilité du pillage. Les rapports d’organisations internationales, les campagnes de dénonciation et le travail constant des médias sahraouis et indépendants ont contribué à déconstruire le récit du « développement bénéfique ». Il apparaît de plus en plus clairement que ces activités ne visent pas à améliorer les conditions de vie de la population sahraouie, mais à consolider l’occupation, modifier la démographie et créer des intérêts économiques faisant obstacle à une solution fondée sur l’autodétermination.
Le bilan de l’année confirme une réalité inconfortable pour le Maroc et ses alliés : l’occupation du Sahara occidental ne se légitime ni par les investissements ni par les mégaprojets. Au contraire, plus le pillage s’intensifie, plus la dimension coloniale du conflit se renforce et plus se révèle la contradiction entre les discours sur la durabilité, la légalité et la coopération internationale, et la réalité des pratiques sur le terrain. En 2025, l’économie n’a pas refermé le conflit ; elle l’a rendu plus visible.
Victoria G. Corera
Plateforme NO TE OLVIDES DEL SAHARA OCCIDENTAL
Descubre más desde No te olvides del Sahara Occidental
Suscríbete y recibe las últimas entradas en tu correo electrónico.
