Et si la MINURSO disparaissait ? Les dangers d’un vide onusien au Sahara Occidental

Et si la MINURSO disparaissait ? Les dangers d’un vide onusien au Sahara Occidental

Opinion – Rédaction / Plateforme de Solidarité avec le Sahara Occidental

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU renouvelle son mandat sous une pression politique croissante, une menace grandissante plane sur la présence onusienne au Sahara Occidental. Pour la première fois depuis sa création en 1991, la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental) pourrait être réduite à un simple rôle technique, voire remplacée par une mission dont le mandat serait aligné sur le plan d’autonomie marocain. Que se passerait-il si la mission était purement et simplement supprimée ? Pour le peuple sahraoui et ses soutiens, ce scénario n’est pas une simple hypothèse diplomatique : il ouvrirait la voie à une intervention militaire de Rabat dans les territoires sahraouis libérés — sans observateurs internationaux, sans casques bleus, sans témoin.

La MINURSO aujourd’hui : présence minimale, rôle essentiel

Depuis la rupture du cessez-le-feu en novembre 2020, la MINURSO est devenue la seule présence internationale constante au Sahara Occidental. Même dépourvue de mandat sur les droits humains, même politiquement neutralisée par les veto de certains membres du Conseil de sécurité (notamment la France), elle constitue un rempart fragile contre une annexion militaire totale. Elle est le lien entre l’ONU, le Front Polisario et le territoire non autonome reconnu par le droit international.
Sans MINURSO, il ne resterait plus rien : ni supervision internationale, ni cadre juridique, ni barrière symbolique contre l’occupation totale.

Disparition de la MINURSO : un vide pour le droit, une opportunité pour l’occupation

L’absence totale de présence onusienne créerait un vide diplomatique que le Maroc est prêt à combler par la force. Plusieurs sources diplomatiques évoquent déjà des scénarios où Rabat profiterait de l’absence de casques bleus pour avancer à l’Est du mur militaire — dans les zones à ce jour administrées par la République sahraouie (RASD). Il s’agirait d’un fait accompli militaire rendu possible par le silence diplomatique obtenu auprès de certains alliés, en particulier la France et les Émirats arabes unis.
Supprimer la MINURSO, ce serait ouvrir la voie à la militarisation intégrale du territoire, et à l’effacement de toute perspective d’autodétermination.

“MANSASO” : vers une mission alternative ?

Certaines sources ont fait état de discussions autour d’une mission appelée “MANSASO” (Mission d’assistance pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara Occidental), qui remplacerait la MINURSO. Une telle mission aurait pour objectif non pas de garantir le droit à la décolonisation, mais de faciliter l’application du plan d’autonomie marocain — en d’autres termes, transformer une mission de décolonisation en mission de normalisation de l’occupation.
Aucune décision officielle n’a été prise, mais la simple existence de ce projet démontre un basculement politique : l’ONU ne serait plus garante du droit à l’autodétermination, mais instrument d’un statut imposé au peuple colonisé.

Alger, l’Union africaine, et la géopolitique du vide

La disparition de la MINURSO provoquerait, sans doute, une réaction immédiate de l’Algérie, soutien historique du Front Polisario, ainsi qu’une crise plus large au sein de l’Union africaine, dont la RASD est membre fondateur. Une telle décision affaiblirait les mécanismes internationaux de décolonisation et minerait la stabilité du Maghreb et du Sahel.
Ce ne serait pas la fin d’une mission administrative — mais le basculement d’un continent vers la loi de la force, au détriment du droit international.


Si la MINURSO venait à disparaître — ou à être remplacée par une mission au service du plan marocain — le Sahara Occidental basculerait dans une phase de confrontation ouverte, privée de toute médiation internationale. Ce serait la première fois dans l’histoire de l’ONU qu’une mission de décolonisation est supprimée avant d’avoir mené à bien la consultation populaire qu’elle était censée garantir.
Dans un monde où l’on prétend défendre la paix et le droit international, abandonner le Sahara Occidental serait un précédent à la fois dangereux et immoral.
Ce qui est en jeu n’est pas seulement l’avenir d’une mission — mais la survie même du principe d’autodétermination des peuples.


🖋️ Rédaction – Plateforme de Solidarité avec le Sahara Occidental
(8 novembre 2025)


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