Le Polisario rejette «la confiscation» du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination | Sahara Press Service

Le Polisario rejette «la confiscation» du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination | Sahara Press Service

Bruxelles, 11 nov 2020 (SPS) Le membre du secrétariat national du Front Polisario, Oubi Bouchraya Bachir, a indiqué mardi  que la cause sahraouie passait par une étape «décisive» qui pourrait conduire à des alternatives autres que le règlement onusien, affirmant que le peuple sahraoui n’acceptera jamais la confiscation de son droit à l’autodétermination.

Invité sur le plateau débat «Face à Face» diffusé sur France 24 en langue arabe, M. Oubi Bouchraya a rappelé que le Front «œuvrait au final à se conformer au plan initial et au seul accord signé entre les parties au conflit, sous l’égide de l’ONU, prévoyant l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination».

Rappelant que ce référendum demeure à juste titre la seule alternative que le peuple sahraoui s’emploie à réaliser, le représentant du Polisario en Europe a réaffirmé que ni le Front Polisario ni le peuple sahraoui n’accepteront  » la confiscation de la volonté populaire» et ce » quel qu’en soit le prix à payer».

Il a relevé que le Front Polisario n’a envoyé aucun militaire à la zone tampon, dans la mesure où le seul représentant légitime du peuple sahraoui a de tout temps affiché «son respect au cessez-le-feu», a-t-il souligné.

Evoquant le contexte réel des faits qui se sont déroulés à El-Guerguerat, le diplomate sahraoui a exprimé la déception du peuple sahraoui vis-à-vis de l’échec de l’ONU et de sa mission, la Minurso, qui a failli à son mandat: celui d’organiser un référendum d’autodétermination.

Le diplomate a regretté que trente ans après le déploiement de  cette mission onusienne, le peuple sahraoui continue de voir ses droits bafouillés et ses richesses naturelles pillées au vu et au su de la Minurso.

Pour lui, la brèche illégale d’El Guerguerat, créée par le Maroc, résume le statut quo prévalant au Sahara Occidental et la violation du cessez-le-feu par le Maroc, relevant que ce n’était pas la première fois où l’occupant transgresse cet accord qui a failli d’ailleurs échouer en 2016.

Rappelant que cette brèche illégale érigée par le Maroc dans le mur militaire de séparation à El-Guerguerat n’a nullement été prévue par l’accord complémentaire conclu en 1997 entre les deux parties, le Maroc et le Front Polisario sous l’égide de l’ONU et de la Minurso, Oubi Bouchraya a indiqué que ce passage «est en soit l’arme utilisée par le Maroc dans les opérations de pillage effréné des richesses du Sahara Occidental».

Au vu de ce qui précède, l’on peut comprendre la raison ayant poussé des civils parmi la société civile sahraouie à manifester pacifiquement et exprimer de leur propre initiative l’état de «frustration accumulée tout au long de ces années», a -t- il expliqué.

Le diplomate sahraoui a indiqué que le Front Polisario a eu connaissance d’informations parvenant de plusieurs sources, voire même de l’ONU, faisant état de l’intention du Maroc de déguiser ses troupes en habits civils dans le but d’ouvrir la brèche à la circulation et au transport.

Il a, à ce titre, affirmé que le gouvernement sahraoui » n’hésitera pas , un seul instant, à protéger ses citoyens qui manifestent pacifiquement», conformément au droit international.

Le représentant du Front Polisario a dit également espérer voir «le Maroc ne pas refaire la grave erreur et commettre la folie ayant mené en 1975 à une situation explosive après les déclarations du souverain marocain qui avait sous-estimé la capacité du peuple sahraoui au combat et à la résistance, ce qui a coûté cher aux peuples sahraoui et marocain et à toute la région».

Commentant les dérapages verbaux des responsables marocains qui ont qualifié les sahraouis de «sots», Bouchraya a affirmé que le royaume marocain réédite le dictionnaire de tous les pays colonialistes au fil de l’histoire, lesquels ont qualifié de brigands, les dirigeants de la Révolution algérienne, les compagnons du leader africain Nelson Mandela, les compagnons du SWAPO.

S’agissant de la dernière initiative de l’ONU invitant les deux parties au conflit à la reprise des négociations directes, Bouchraya a estimé que ces négociations, bien qu’elles ne soient pas en elles-mêmes un objectif pour la partie sahraouie, ont pourtant pour but, de régler le conflit sur la base de la légalité internationale et du droit international.

Le Maroc est le premier qui transgresse la légalité internationale depuis qu’il a renoncé au principe de l’autodétermination et c’est lui même qui a mené la région au blocage actuel, a-t-il ajouté.

Le même responsable a également appelé la Minurso à s’acquitter de son mandat pour ne pas se transformer pas en police de la circulation à El Guerguarat. (SPS)

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