Le président sahraoui, Brahim Ghali prévient : « Négocier ne signifie pas renoncer à la lutte armée » |Le courrier d’Algérie

Ibrahim Ghali

Le Président sahraoui, Brahim Ghali, a réaffirmé que la lutte armée du peuple sahraoui n’est pas une «menace ou un moyen de pression politique, mais constitue «un devoir national pour tous les Sahraouis» et un «droit légitime reconnu par les résolutions de la charte internationale.»

«La lutte armée n’est pas une menace ou un moyen de pression politique. Elle est tout simplement, un devoir national pour tous les Sahraouis et un droit reconnu par l ‘ONU aux peuples et pays colonisés », a déclaré le Chef de l’état sahraoui dans une interview au journal italien La Stampa. « La décision du Front Polisario d’aller aux négociations avec le Maroc sous les auspices de la communauté internationale pour parvenir à une solution négociée, pacifique et juste garantissant le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, ne signifie pas la mise à l’écart de la lutte armée pour libérer les parties de la République sahraouie encore sous occupation militaire marocaine », a-t-il ajouté.

»Le 14e Congrès du Front Polisario a réaffirmé que la formation d’une force militaire, puissante et prête à toute éventualité – y compris le retour à la lutte armée si c’est nécessaire- est une priorité stratégique permanente », a rappelé le Chef de l’état sahraoui. Répondant à une question concernant la stratégie diplomatique pour les années à venir, Ghali a souligné qu’elle demeure une «priorité pour les autorités sahraouies qui usent de leurs efforts pour récolter encore plus de reconnaissance de la République sahraouie à travers l’ouverture de nouvelles ambassades et bureaux du Front Polisario à travers le monde, y compris à l’ONU qui reconnaît le Front Polisario comme seul représentant légitime du peuple sahraoui». « En mars dernier, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, accompagné de son envoyé personnel Christopher Ross, a effectué une visite historique pour la première fois aux camps de réfugiés sahraouis et les territoires libérés de la République sahraouie à Bir Lahlou durant laquelle il a qualifié la présence marocaine au Sahara occidental d’«occupation illégale »,a-t-il rappelé.
Par ailleurs une délégation de la RASD conduite par le ministre d’État sahraoui à la Sécurité et la Documentation, Brahim Ahmed Mahmoud a participé à la 13ème Conférence du Comité de renseignement et de services de sécurité d’Afrique (CISSA) tenue dans la capitale rwandaise Kigali. La réunion a rassemblé des chefs des services de renseignement de 51 pays d’Afrique ainsi que des experts de sécurité pour examiner de manière critique comment les pays africains pourraient éradiquer les menaces de sécurité désormais étendues à l’ensemble du continent. « L’instabilité politique et la criminalité transnationale sont devenues des menaces sérieuses pour la croissance économique et sociale de l’Afrique. Une solution politique sérieuse est nécessaire pour mettre fin aux conflits inextricables qui ravagent le continent africain », a déclaré Juan Antonio Bibang Nchuchuma, président du CISSA.

Pour sa part, Erastus Mwencha, vice-président de la Commission de l’Union africaine (UA), a déclaré que cette réunion jouerait un rôle essentiel pour apporter la paix durable et la stabilité sur le continent africain. « L’histoire de l’Afrique a changé, passant d’un territoire obscur à un continent en plein essor, et ce succès sera réalisé en mettant fin à l’instabilité politique, aux conflits entre États, au terrorisme et à la radicalisation de la jeunesse », a-t-il ajouté. Pour débarrasser l’Afrique des conflits, Mwencha a souligné la nécessité de lutter efficacement contre les menaces actuelles et émergentes pour la paix et la sécurité sur le continent. S’adressant à cette réunion, le président rwandais Paul Kagame a appelé à une collaboration forte face aux problèmes de paix et de sécurité sur le continent. « Les services de renseignement sont les garants de la sécurité nationale, régionale et mondiale. Il est clair qu’une coopération plus importante et plus solide est nécessaire au niveau mondial, et le CISSA doit s’adapter à ces nouvelles réalités », a déclaré Kagame. La CISSA a été créée en 2004 à Abuja au Nigeria pour aider l’UA à répondre efficacement aux défis de sécurité que connaît le continent et a son siège permanent au Conseil de paix et de sécurité de l’UA, où il publie ses rapports périodiques et ses points d’information.
M. B.

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