Quand Emmanuel Macron dénigre l’Algérie et encense le Maroc ou la diplomatie du vautour – algerie patriotique

Quand Emmanuel Macron dénigre l’Algérie et encense le Maroc ou la diplomatie du vautour – algerie patriotique

 

Par Abdelkader S. – Le discours d’Emmanuel Macron devant les ambassadeurs, ce 8 janvier 2026, se voulait une démonstration de lucidité stratégique et de constance diplomatique, mais il révèle surtout une diplomatie française de plus en plus cynique, oscillant entre ressentiment postcolonial mal digéré et opportunisme assumé face aux fragilités économiques de ses partenaires.

En dénonçant des «discours anticoloniaux qui ne correspondent plus à des réalités», le très impopulaire pensionnaire de l’Elysée a cru bon de pointer du doigt, sans la nommer, l’Algérie. Une pique révélatrice d’une profonde incompréhension. Car ces discours anticoloniaux ne tombent pas du ciel. Ils sont l’expression d’un contentieux historique toujours non résolu, alimenté par des ambiguïtés françaises persistantes. En prétendant les subir injustement, Macron inverse les rôles et se place en victime d’un débat qu’il a pourtant contribué à entretenir par ses volte-face mémorielles successives.

Ce malaise contraste violemment avec le ton employé à l’égard du Maroc et de l’Egypte. Là, plus aucune sévérité rhétorique, mais une indulgence appuyée, presque obséquieuse. Le président français vante la «remontada formidable» de la relation avec Rabat et la «solidité» de l’amitié avec Le Caire, alors même que ces deux pays s’enfoncent dans des crises économiques majeures : endettement massif, inflation galopante, fragilisation sociale profonde. Ce silence sur leurs réalités internes n’est pas un oubli. Il est stratégique.

C’est que derrière les mots flatteurs se dessine une diplomatie de prédation. La France de Macron agit moins en partenaire qu’en charognard, flairant les faiblesses pour renforcer son influence. Crise économique au Maroc ? Opportunité pour consolider des accords asymétriques. Asphyxie financière de l’Egypte ? Occasion de renforcer une coopération sécuritaire et industrielle verrouillée. La stabilité vantée n’est qu’un prétexte. Ce qui compte, c’est l’accès, l’influence, le rendement.

Cette diplomatie du deux poids deux mesures illustre l’hypocrisie d’un discours qui prétend refuser le «nouveau colonialisme» tout en en recyclant les pratiques. Macron rejette les accusations d’ingérence ou de domination, mais assume sans détour une diplomatie de puissance fondée sur les intérêts, quitte à exploiter les fragilités des Etats partenaires. La morale est invoquée lorsqu’elle sert, évacuée lorsqu’elle gêne.

Plus inquiétant encore, cette posture nourrit précisément ce que le président français prétend combattre : les discours anticoloniaux. En ménageant les régimes autoritaires utiles et en ciblant ceux qui contestent la relation historique, la France alimente le soupçon, le ressentiment et l’idée persistante d’une arrogance post-impériale jamais totalement abandonnée.

A force de vouloir apparaître comme une «puissance d’équilibre», Emmanuel Macron donne l’image d’une France opportuniste, incapable de tenir une ligne cohérente entre principes affichés et pratiques réelles. L’anticolonialisme n’est pas un slogan hostile à Paris. Il est souvent le miroir de ses propres contradictions. Et tant que la diplomatie française continuera de préférer la prédation à la lucidité, ce miroir restera cruel.

A. S.

Origen: Quand Emmanuel Macron dénigre l’Algérie et encense le Maroc ou la diplomatie du vautour – algerie patriotique


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