Sahara occidental : POLISARIO, RASD et armée sahraouie, trois réalités à ne pas confondre

Photographie d’un tableau exposé à l’ambassade de la République arabe sahraouie démocratique à Alger. L’image évoque l’identité nationale sahraouie et la continuité d’une lutte de libération dans laquelle le Front POLISARIO, la RASD et l’armée sahraouie sont étroitement liés sans pour autant se confondre.

Le mouvement de libération nationale, la République sahraouie et ses forces armées sont étroitement liés, mais ils ne désignent pas la même réalité. Les confondre réduit trop facilement la question du Sahara occidental à un affrontement entre le Maroc et une simple « guérilla ».

Dans de nombreux articles consacrés au Sahara occidental, le Front POLISARIO apparaît accompagné d’images de combattants sahraouis. Cette association finit par installer une équivalence trompeuse : POLISARIO, armée, groupe armé. Or la réalité politique et institutionnelle sahraouie est plus complexe.

Le Front POLISARIO, créé en 1973, est le mouvement de libération nationale sahraoui. Les Nations unies l’ont reconnu comme représentant du peuple du Sahara occidental dans le processus de décolonisation. Il a mené la lutte armée contre la présence coloniale espagnole puis contre l’occupation marocaine, mais le présenter aujourd’hui uniquement comme une organisation militaire revient à effacer sa dimension politique et son rôle dans le processus conduit par l’ONU.

La République arabe sahraouie démocratique (RASD) est autre chose. Proclamée en 1976, elle dispose de ses propres institutions —Présidence, Gouvernement, Parlement et administration— et elle est membre à part entière de l’Union africaine. Le secrétaire général du Front POLISARIO est également président de la République sahraouie, ce qui illustre l’étroite relation entre les deux structures, sans pour autant les rendre identiques.

Enfin, l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) constitue les forces armées sahraouies. Depuis la rupture du cessez-le-feu en novembre 2020, elle affronte de nouveau les forces marocaines le long du mur qui divise le Sahara occidental.

La distinction est donc simple :

POLISARIO : mouvement de libération nationale et représentant sahraoui dans le processus de décolonisation.
RASD : République sahraouie et État membre de l’Union africaine.
APLS : forces armées sahraouies.

Ces trois réalités sont profondément liées et certaines de leurs structures se chevauchent dans le contexte exceptionnel d’une lutte de libération nationale. Mais elles ne sont pas synonymes.

Les confondre permet de transformer progressivement un problème de décolonisation en une image beaucoup plus simple : celle d’un État, le Maroc, confronté à une « guérilla ».

Ce n’est pas la réalité du Sahara occidental. Il existe un peuple titulaire du droit à l’autodétermination, un mouvement de libération qui le représente dans le processus des Nations unies, une République membre de l’Union africaine et des forces armées sahraouies.