Cinquante ans après le début du processus de décolonisation du Sahara occidental, une question continue de s’imposer : pourquoi le référendum d’autodétermination promis par les Nations unies n’a-t-il jamais été organisé ?

Au cœur du blocage se trouve un désaccord fondamental sur les conditions mêmes de ce référendum. Dès les années 1990, un plan de règlement sous l’égide de l’ONU prévoyait une consultation permettant au peuple sahraoui de choisir entre plusieurs options, dont l’indépendance. Ce processus devait être encadré par la mission des Nations unies, la MINURSO.
Cependant, la question du corps électoral est rapidement devenue un obstacle majeur. Le Maroc a contesté les critères d’identification des votants, cherchant à élargir le corps électoral au-delà de la population sahraouie reconnue initialement. Ce désaccord a conduit à un blocage progressif du processus.
Au fil des années, les efforts des Nations unies se sont poursuivis, sans parvenir à surmonter cette impasse. Plusieurs envoyés spéciaux ont tenté de relancer les négociations, proposant différentes solutions, mais aucune n’a permis d’aboutir à l’organisation effective du référendum.
Dans ce contexte, le Maroc a progressivement mis en avant sa propre proposition : un plan d’autonomie sous sa souveraineté. De son côté, le Front Polisario continue de défendre un processus d’autodétermination incluant plusieurs options, refusant qu’une solution soit imposée au peuple sahraoui.
Le blocage ne s’explique donc pas par l’absence de cadre juridique ou de propositions, mais par une divergence profonde entre les parties sur la nature même de la solution. Tandis que le droit international reconnaît le Sahara occidental comme un territoire non autonome en attente de décolonisation, la réalité politique empêche toujours la tenue de la consultation.
Aujourd’hui encore, les Nations unies maintiennent officiellement l’objectif d’une solution « juste, durable et mutuellement acceptable » permettant l’autodétermination du peuple sahraoui. Mais en l’absence d’accord entre les parties, le référendum reste suspendu.
Ainsi, plus qu’un simple retard, l’absence de référendum reflète un blocage structurel du processus politique, qui demeure au cœur du conflit du Sahara occidental.