
Une reprise diplomatique sous impulsion américaine qui ne modifie ni la nature juridique du conflit ni les paramètres fondamentaux fixés par les Nations unies.
Les discussions tenues récemment à Madrid sous parrainage américain ont replacé la question du Sahara occidental au centre de l’agenda diplomatique international. Après plusieurs années de blocage politique et d’absence de contacts directs structurés, les parties concernées ont accepté une feuille de route procédurale prévoyant une nouvelle rencontre à Washington au mois de mai.
L’initiative américaine constitue un signal politique clair. Washington cherche à stabiliser un espace maghrébin traversé par des rivalités stratégiques, des enjeux énergétiques majeurs et une recomposition plus large des équilibres en Afrique du Nord et au Sahel. Toutefois, au-delà de l’activisme diplomatique, un élément essentiel demeure inchangé : le processus continue de s’inscrire dans le cadre des Nations unies.
Les communications officielles ont d’ailleurs évité le terme de « négociations », lui préférant celui de « discussions ». Cette précision sémantique reflète une réalité politique : les divergences de fond persistent et aucun compromis substantiel n’a été acté. Il s’agit d’une relance procédurale, non d’un accord politique.
La configuration des acteurs confirme également la nature du dossier. Les États-Unis, les Nations unies, le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie participent à cette séquence diplomatique. Cette architecture invalide la lecture réductrice qui présente le conflit comme une simple confrontation bilatérale entre Rabat et Alger. Le Sahara occidental demeure inscrit dans un processus de décolonisation reconnu par l’ONU.
Depuis 1965, le territoire figure sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies. L’Assemblée générale et le Conseil de sécurité ont constamment rappelé que toute solution doit permettre l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Ce principe constitue le socle juridique intangible du dossier.
Le Maroc continue de défendre son plan d’autonomie présenté en 2007 comme solution « réaliste ». Le Front Polisario, pour sa part, maintient qu’aucune issue durable ne peut être envisagée sans un mécanisme d’autodétermination conforme au droit international. La relance des discussions n’altère en rien ces positions structurantes.
Dans ce contexte, le rôle de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies demeure central. Le cadre onusien est le seul doté d’une légitimité universelle et d’une base juridique reconnue par l’ensemble de la communauté internationale. Toute tentative de contournement ou de marginalisation de ce cadre exposerait le processus à une perte de crédibilité et à un affaiblissement de sa validité juridique.
La séquence ouverte à Madrid ne constitue donc ni un tournant décisif ni une redéfinition du conflit. Elle marque une tentative de réactivation diplomatique dans un environnement géopolitique élargi — sécurité énergétique européenne, rivalités d’influence au Maghreb, repositionnement américain sur le continent africain — mais elle ne modifie pas la nature fondamentale du dossier.
En définitive, le Sahara occidental reste une question de décolonisation inscrite à l’agenda des Nations unies. Aucune dynamique diplomatique, quelle que soit son intensité, ne peut effacer ce fondement juridique. La stabilité régionale ne pourra être assurée que par une solution conforme au droit international et respectueuse du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Toute autre approche ne ferait que différer le problème sans le résoudre.
Victoria G. Corera
Plateforme NO TE OLVIDES DEL SÁHARA OCCIDENTAL
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