Les États-Unis le savent aussi : aucune solution durable pour le Sahara occidental ne peut ignorer l’Algérie – Par Victoria G. Corera

La reprise des discussions directes entre le Front Polisario et le Maroc constitue, selon l’ambassadeur algérien Amar Bendjama, « un signe encourageant, mais pas une fin en soi ». Cette formule résume parfaitement la situation actuelle : malgré les initiatives diplomatiques en cours, aucune avancée durable ne pourra être obtenue sans respecter les fondements juridiques de la question sahraouie et sans tenir compte des équilibres régionaux.

Depuis New York, Alger a rappelé que le Sahara occidental demeure inscrit sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies et que son peuple conserve un droit inaliénable à l’autodétermination, consacré par la Charte des Nations unies et par une abondante jurisprudence internationale. Pour les autorités algériennes, ce principe ne peut être remplacé par des solutions imposées ou par une politique du fait accompli.

L’intérêt de cette position dépasse le seul cadre algérien. Les récentes initiatives diplomatiques montrent que les États-Unis eux-mêmes cherchent à maintenir un dialogue avec Alger, conscients qu’aucun règlement crédible ne pourra stabiliser durablement le Maghreb en ignorant un acteur régional majeur qui accueille depuis des décennies les réfugiés sahraouis et soutient le processus onusien.

Pour autant, reconnaître l’importance géopolitique de l’Algérie ne revient pas à modifier la nature juridique du conflit. Comme l’a rappelé Amar Bendjama, les parties directement concernées demeurent le Royaume du Maroc et le Front Polisario, tandis que l’Algérie participe en qualité de pays voisin et soutient les efforts des Nations unies en faveur d’une solution politique conforme au droit international.

Le diplomate algérien a également averti que la multiplication des discours d’escalade, la politique du fait accompli, l’imposition de conditions préalables ou encore le refus de reconnaître le Front Polisario comme interlocuteur légitime risquent de conduire le processus dans une impasse. La confiance et la bonne foi demeurent, selon lui, des conditions indispensables à toute négociation.

En définitive, le débat ne consiste pas à savoir si l’Algérie peut décider de l’avenir du Sahara occidental. Elle ne le peut pas. En revanche, l’expérience diplomatique montre qu’aucune initiative sérieuse ne peut réussir en l’écartant complètement. La paix durable ne pourra se construire qu’en respectant le droit international et en garantissant au peuple sahraoui la possibilité d’exercer librement son droit à l’autodétermination.

Source : Déclarations de l’ambassadeur Amar Bendjama devant le Comité spécial de la décolonisation des Nations unies (Comité des 24), reprises par El Watan.