La récente session du Parlement panafricain confirme la présence active de la République sahraouie en Afrique et constitue un revers politique significatif pour le Maroc.

L’actualité du Sahara occidental envoie un signal politique qui mérite d’être analysé avec attention. La session du Parlement panafricain tenue à Midrand ne s’est pas limitée à une simple répartition de postes institutionnels : elle a également mis en évidence une réalité souvent absente du traitement médiatique européen, à savoir la présence active de la République sahraouie dans les structures politiques africaines.
La session extraordinaire du Parlement panafricain, organisée à Midrand (Afrique du Sud) du 28 au 30 avril, avait pour objectif la réorganisation de ses organes internes et la désignation de responsables au sein des groupes régionaux. Dans ce cadre, le groupe de l’Afrique du Nord — qui inclut le Maroc et la République sahraouie — a procédé à un vote clé pour le poste de rapporteur du bureau provisoire. Le résultat a été sans ambiguïté : le candidat sahraoui l’a emporté avec 17 voix contre 12 pour le candidat marocain, un écart significatif dans un espace où Rabat tente depuis plusieurs années de consolider son influence.
Les résultats de cette session, avec l’élection de représentants à différents postes — notamment la victoire d’un candidat sahraoui face à son homologue marocain — constituent un revers politique notable pour Rabat. Au-delà du simple décompte des voix, ce résultat montre que les stratégies déployées par le Maroc sur le continent africain ne parviennent pas toujours à assurer le soutien qu’il considère comme acquis dans son discours international.
Ce résultat prend une signification particulière dans le cadre du groupe de l’Afrique du Nord, un espace où le Maroc a cherché à renforcer son influence ces dernières années. Cette défaite, dans ce contexte précis, ne se limite pas à un symbole : elle révèle des équilibres plus complexes au sein de l’Union africaine.
Dans le même temps, la dynamique institutionnelle africaine met en lumière une contradiction persistante. Alors que le Maroc défend une narration de souveraineté exclusive sur le Sahara occidental, il partage, au sein de l’Union africaine, les mêmes espaces institutionnels, les mêmes processus et les mêmes votes avec la République arabe sahraouie démocratique, qui continue d’y exercer une présence politique effective.
Face à cette réalité, le cadre international reste marqué par une paralysie prolongée. Le Sahara occidental demeure inscrit sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies, dans l’attente d’un processus de décolonisation. Tant la Cour internationale de Justice que le Tribunal de justice de l’Union européenne ont rappelé l’absence de souveraineté marocaine sur ce territoire et la nécessité de respecter le principe d’autodétermination.
Cependant, comme l’ont souligné des envoyés des Nations unies tels que James Baker ou Christopher Ross, le problème ne réside pas dans l’absence de cadre juridique, mais dans le manque de volonté politique pour le mettre en œuvre.
La lecture de cette séquence est donc claire : si le conflit reste bloqué au niveau international, une réalité politique continue de se consolider sur le continent africain, où la République sahraouie maintient une présence, une capacité d’influence et une reconnaissance effectives. Dans ce contexte, les développements récents montrent que la stratégie marocaine rencontre des limites plus visibles qu’il n’y paraît.
Il ne s’agit pas d’un épisode isolé, mais d’un signal révélateur des limites d’une stratégie qui ne parvient pas à s’imposer pleinement sur l’ensemble des scènes internationales.
Par Victoria G. Corera – NO TE OLVIDES DEL SAHARA OCCIDENTAL