Sahara occidental : Ahmed Attaf dévoile les coulisses du vote au Conseil de sécurité

Sahara occidental : Ahmed Attaf dévoile les coulisses du vote au Conseil de sécurité

Le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, a révélé des détails inédits sur les négociations autour de la résolution adoptée le 31 octobre 2025 par le Conseil de sécurité des Nations unies sur le Sahara occidental. Dans un entretien publié le 2 novembre par L’Actualité en temps réel, le ministre est revenu sur les manœuvres diplomatiques qui ont entouré ce texte, expliquant pourquoi l’Algérie n’a finalement pas participé au vote, alors qu’elle était « à deux doigts » de le soutenir.

Selon Ahmed Attaf, le Maroc a tenté « un passage en force sans précédent » en cherchant à transformer profondément le cadre de négociation établi par l’ONU. Il a rappelé que Rabat avait introduit dans le projet de résolution originel trois éléments « centraux à sa stratégie » : la limitation du mandat de la MINURSO à trois mois – prélude à son démantèlement ou à une réorientation forcée –, l’adoption du plan d’autonomie marocain comme seule base de solution, et l’abandon définitif du principe d’autodétermination. « Le Maroc voulait imposer son plan comme unique et exclusif, en vidant de sa substance tout processus référendaire », a déclaré Attaf.

Or, loin de satisfaire ces ambitions, la résolution adoptée a conservé une approche conforme au droit international. Comme le souligne le ministre, « il n’y a aucune référence à la souveraineté marocaine, ni à l’État marocain » dans le texte final. Le plan d’autonomie n’y apparaît plus comme l’unique option, et le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination reste explicitement mentionné comme principe fondamental. La MINURSO voit par ailleurs son mandat reconduit pour une année entière, conformément à la pratique habituelle du Conseil.

La partie la plus révélatrice des propos d’Attaf concerne l’attitude de l’Algérie dans les heures précédant le vote. « Dans la nuit précédant le vote, nous avons demandé de supprimer une disposition relative à la souveraineté marocaine dans le préambule de la résolution, et on voterait pour le texte », affirme-t-il. Le refus de retirer cette formule a conduit Alger à opter pour la non-participation, une décision qui prend tout son sens à la lumière des enjeux juridiques en présence.

Ces déclarations révèlent à quel point chaque expression figurant dans les résolutions de l’ONU est porteuse de lourdes implications politiques. Elles rappellent également que, malgré les tentatives répétées de Rabat et de ses alliés pour imposer une lecture biaisée du conflit, le cadre onusien reste encore un espace où le droit international résiste, notamment grâce à la vigilance de certains États membres.

Source : Rafik Tadjer, « Sahara occidental : “l’Algérie était à deux doigts de voter pour la résolution” », L’Actualité en temps réel, 2 novembre 2025 -TSA.


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