Sahara occidental : «Paris et Washington soutiennent le Maroc… LFI aussi, Alger voit rouge»

Sahara occidental : «Paris et Washington soutiennent le Maroc… LFI aussi, Alger voit rouge»

Paris et Washington réaffirment leur alignement avec le Maroc au Sahara occidental : Alger proteste et la gauche française se fragmente

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Cet article d’analyse, publié par la PLATEFORME « N’OUBLIE PAS LE SAHARA OCCIDENTAL », s’appuie sur Sahara occidental : Paris et Washington soutiennent le Maroc… LFI aussi, Alger voit rougeLe Figaro
🔗 Lire l’article original (réservé aux abonnés) : Sahara occidental : Paris et Washington soutiennent le Maroc… LFI aussi, Alger voit rougeLe Figaro, Frédéric Picard, 26 août 2025


Alors que la guerre à Gaza occupe le devant de la scène, le Sahara occidental revient discrètement au cœur de l’agenda international. Dans un article publié par Le Figaro, Paris et Washington sont décrits comme des soutiens affirmés au plan d’« autonomie » proposé par le Maroc, tandis que la gauche française se divise et qu’Alger réagit avec force. Mais derrière ces repositionnements diplomatiques, c’est toujours la même réalité qui s’impose : celle d’un peuple colonisé privé de son droit à l’autodétermination depuis près d’un demi-siècle, en violation du droit international.

Une rentrée diplomatique sous tension

Dans son analyse, Le Figaro souligne que « alors que La France et les États-Unis poussent pour une autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine, la gauche radicale française, contre toute attente, est passée d’un soutien clair à Alger et au Front Polisario à une posture beaucoup plus nuancée. » Une évolution qui a suscité « de vives réactions dans les organes d’État et enflammé les réseaux sociaux. »

Cette séquence diplomatique intervient à un moment charnière : à la rentrée, Emmanuel Macron devra arbitrer entre la reconnaissance de l’État de Palestine, attendue en septembre, et un vote crucial du Conseil de sécurité de l’ONU en octobre sur le Sahara occidental.

Les signaux venus de Rabat et de Washington

L’article rappelle que plusieurs événements récents ont replacé la question sahraouie au premier plan. Parmi eux : le discours du Trône de Mohammed VI « tendant la main à Alger », la tournée régionale de l’émissaire américain Massad Boulos et la lettre de Donald Trump « réaffirmant son soutien à la ‘marocanité’ du territoire ».

Ces gestes s’inscrivent dans une stratégie claire : consolider le plan marocain d’« autonomie » comme seule option mise sur la table par Rabat et ses alliés. Pourtant, selon les Nations unies, ce plan n’est qu’une proposition parmi d’autres, qui ne saurait remplacer le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

La fracture à gauche en France

Le Figaro met en avant un autre élément majeur : le repositionnement de La France Insoumise (LFI). Longtemps perçue comme un allié de la cause sahraouie, LFI a désormais adopté un ton plus « nuancé », ce qui provoque incompréhension et colère parmi les partisans de l’autodétermination.

Ce changement de cap alimente un débat de fond : peut-on défendre les droits du peuple palestinien tout en fermant les yeux sur ceux du peuple sahraoui, alors que les deux combats sont intimement liés par la question du colonialisme et du droit international ?

Le rappel du droit international

Il est essentiel de rappeler que le Sahara occidental reste un territoire non autonome selon l’ONU depuis 1963. La résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale stipule clairement que tous les peuples colonisés ont droit à l’indépendance. En 1975, la Cour internationale de justice a rejeté les prétentions marocaines, affirmant qu’aucun lien de souveraineté n’existait entre Rabat et le territoire.

Depuis, la communauté internationale n’a cessé de confirmer ce statut : les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne (2016, 2018, 2021, 2024) affirment que le Sahara occidental est « distinct et séparé » du Maroc, et que tout accord économique qui inclut ce territoire sans le consentement du peuple sahraoui est nul et non avenu.

La MINURSO et l’échec du référendum

La MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental), créée en 1991, devait organiser un vote d’autodétermination. Or, plus de trente ans plus tard, cette promesse demeure lettre morte, bloquée par le Maroc avec la complicité de ses alliés occidentaux.

L’absence de référendum illustre l’impasse actuelle : une mission onusienne qui perd sa raison d’être et un peuple sahraoui qui continue à être privé de sa voix.

Les enjeux géopolitiques et économiques

Le soutien de Paris et Washington au plan marocain ne repose pas sur la légalité mais sur des intérêts stratégiques : sécuritaires (Sahel, lutte antiterroriste), économiques (phosphates, pêche, énergies renouvelables) et diplomatiques (stabilité de la façade méditerranéenne).

Cette logique instrumentalise le Sahara occidental comme une monnaie d’échange, au détriment des droits fondamentaux des Sahraouis. Comme l’écrit Le Figaro, « la question saharienne a discrètement aimanté l’attention des chancelleries cet été. »

Vers une « paix sans justice » ?

Ce qui se profile derrière ces manœuvres, c’est la tentative d’imposer une « paix sans justice » : entériner l’occupation marocaine sous couvert d’autonomie, tout en marginalisant la voix des Sahraouis. Or, une telle solution ne ferait que prolonger le conflit et l’instabilité régionale.

L’histoire récente l’enseigne : aucun processus de paix ne peut être durable s’il ignore les droits des peuples concernés.

La position du Front Polisario

Face à ces développements, le Front Polisario rappelle qu’il reste le seul représentant légitime du peuple sahraoui, reconnu comme tel par l’ONU. Il insiste sur le fait que seule une consultation libre, équitable et démocratique permettra de trancher le conflit conformément au droit international.

Tout compromis imposé de l’extérieur, fût-il soutenu par Paris ou Washington, ne saurait se substituer au choix souverain du peuple du Sahara occidental.


L’article de Le Figaro met en lumière les recompositions diplomatiques autour du Sahara occidental, mais omet un point fondamental : ce conflit n’est pas une simple rivalité régionale entre Rabat et Alger, ni un dossier secondaire de la politique étrangère française. Il s’agit d’une question de décolonisation inachevée, où un peuple attend depuis près d’un demi-siècle de pouvoir exercer son droit inaliénable à l’autodétermination.
Tant que ce droit ne sera pas respecté, aucune solution ne pourra être considérée comme légitime ou durable.


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