Brahim Ghali avertit Trump : aucune médiation crédible en s’alignant sur le Maroc

Brahim Ghali avertit Trump

Dans deux entretiens accordés à Europa Press, le président sahraoui rappelle que ni l’autonomie marocaine ni la nationalité espagnole ne peuvent remplacer le droit du peuple du Sahara Occidental à décider librement de son avenir.

Brahim Ghali estime que les efforts engagés par l’administration de Donald Trump ont peu de chances d’aboutir tant que Washington restera aligné sur les positions marocaines. Pour le président de la République sahraouie, une médiation ne peut être crédible si elle place au centre le plan d’autonomie de Rabat au lieu du droit à l’autodétermination.

Le dirigeant sahraoui rappelle que le Sahara Occidental n’est pas une question territoriale susceptible d’être réglée par un arrangement entre puissances. Il s’agit d’un territoire non autonome dont le processus de décolonisation demeure inachevé. Toute négociation qui écarte cette réalité juridique est, selon lui, « condamnée à échouer », car le Front Polisario ne renoncera ni à l’autodétermination ni à l’indépendance.

Ghali met également en garde contre la volonté américaine de donner une visibilité politique à des interlocuteurs alternatifs, après la rencontre entre l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Mike Waltz, et le Mouvement sahraoui pour la paix. Il réaffirme que le Front Polisario demeure le représentant légitime du peuple sahraoui et l’interlocuteur du processus politique conduit sous l’égide des Nations Unies.

Dans un autre entretien publié la veille, Brahim Ghali s’est montré favorable à la proposition de loi visant à accorder la nationalité espagnole aux Sahraouis nés lorsque le territoire était administré par l’Espagne. Il considère que cette mesure peut soulager une partie des difficultés subies par les familles sahraouies après cinquante années d’exil et d’occupation.

Il prévient toutefois que cette initiative ne doit pas « éclipser l’objectif final ». Ce que le peuple sahraoui attend de l’Espagne n’est pas seulement une réparation individuelle, mais une contribution décisive à l’exercice effectif de son droit à l’autodétermination et à l’indépendance. Ghali rappelle également que les relations avec le gouvernement espagnol restent rompues depuis le soutien apporté par Pedro Sánchez au plan marocain en mars 2022.

Le message adressé à Washington comme à Madrid est donc le même : aucune mesure humanitaire, aucune manœuvre diplomatique et aucun plan d’autonomie ne peuvent remplacer la décision libre du peuple sahraoui. Trump peut encore contribuer à une solution, affirme Ghali, mais seulement s’il revient au droit international et cesse de considérer la souveraineté marocaine comme un résultat déjà acquis.

Source : entretiens de Brahim Ghali accordés à Europa Press les 28 et 29 juillet 2026.