Le cessez-le-feu violé — Sahara occidental / Monde Information

Le cessez-le-feu violé — Sahara occidental

Vanessa Beaulieu

Cette opération marocaine «a été lancée sans avertir au préalable» la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum auSahara occidental (Minurso), «contrairement aux exigences de l’accord militaire n°1 et avec le soutien du personnel de sécurité armé appartenant à la Gendarmerie royale marocaine». Selon ce document, daté du 28 août et transmis pour information au Conseil de sécurité, leMaroc a mené du 16 au 25 août une opération présentée comme anticontrebande dans la région de Guerguerat, au sud du Sahara occidental, au-delà du mur de défense, une barrière de sable érigée sur près de 2500 kilomètres.
La Minurso a pu confirmer la présence de gendarmes marocains, ce qui constitue uneviolation caractérisée du cessez-le-feu.
Les dirigeants du Polisario ont commencé à vibrer au lendemain de l’opération de «nettoyage» menée depuis une quinzaine de jours dans la région frontalière avec laMauritanie aux abords du poste frontière de Guergarate et du No Mans Land dit «Kandahar».
Dans une ultime tentative de forcer la main à l’ONU, le Polisario a de nouveau brandi la menace d’une reprise des hostilités, faisant planer les risques d’éclatement d’un nouveau conflit régional.
La Minurso avait pourtant affirmé ne pas avoir constaté de mouvements militaires suspects du Maroc.
Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a exprimé, dimanche soir, » sa profonde préoccupation » quant à la situation tendue qui prévaut actuellement dans l’étroite zone tampon entre la berme marocaine et la frontière mauritanienne, dans le sud-ouest duSahara occidental occupé, a indiqué son porte-parole.
«Le secrétaire général appelle toutes les parties à suspendre toute action modifiant le statu quo et à retirer tous leurs éléments armés afin d’éviter toute escalade supplémentaire et de permettre à la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara-Occidental) d’avoir des négociations avec toutes les parties concernant la situation», selon le communiqué.
Plus de 80 fonctionnaires civils de la Minurso ont été expulsés en mars dernier du Saharaoccidental par le Maroc à la suite de déclarations du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui a qualifié «la présence marocaine au Sahara occidental d’occupation», lors d’une visite début mars dans un camp de réfugiés sahraouis.
Depuis son annexion par le Maroc en 1979, l’essentiel du Sahara-Occidental est sous le contrôle des forces marocaines, alors que le reste est contrôlé par les nationalistes sahraouis du Front Polisario qui réclament la tenue d’un référendum d’autodétermination dans cette ancienne colonie espagnole. Rabat propose comme solution une large autonomie sous sa souveraineté, alors que le Front Polisario réclame un référendum d’autodétermination.
Origen: Le cessez-le-feu violé — Sahara occidental